Apprendre une langue genrée en tant que personne non-binaire
Après à peu près un an à étudier la langue française à temps plein, j'arrive à réfléchir sur mon genre, en relation avec mon processus.
Je sais que j’écris avec une logique anglophone dans ce texte. C'est ma réalité à partir de laquelle j’aborde les complications de la langue française. Alors, je te préviens que je garde des fautes dans ce texte, car la façon dont j’écris en essayant de me connaître est gelée, dans ce moment. Bien-que je me trouve un peu mêlé.e, dans ce moment.
Tu sais, cette idée, elle est belle. Moi, je trouve ça belle, attends, c’est beau non ? Dans une langue genrée, c’est où le début de toi et la fin du mot ?
Je t’invite aussi à plonger dans cette nuance.
En tant que personne non binaire, dans le paysage de l’apprentissage de ma première langue genrée, je navigue pour me situer entre le système linguistique et mon identité de genre. Alors, d’être en relation avec mon genre en français est une danse entre les règles et les sentiments. Parfois, il n’est pas clair qui guide qui.
Surtout, c’est quoi le genre ? Quel est mon genre ? Je me demande souvent, pourquoi sommes-nous si certains que la table est féminine, mais je ne suis pas sûr•e quels accords je voudrais attacher à ma personne ?
Alors le français devient un moyen de jouer avec les mots, avec ma perception. Peut-être la tienne.
Ma belle, mon cher, ma personne. Où te vois-tu dans ces mots ? Est-ce que tu te reconnais parce que la féminité ou masculinité du mot correspond avec ta compréhension de soi ? D'où vient le genre de l'adjectif possessif ? Vient-elle du mot ou de toi ?
Les pronoms possessifs en français ne reflètent pas toujours le genre que nous revendiquons, le nom le réclame de nous.
Sa sœur, Son cousin. Sa mère, la possession… De la langue française.
Ce ne serait pas une langue fondée sur les règles sans les exceptions. Par contre, ces exceptions font les règles. Alors moi, c’est possible que je sois une exception. Mais contrairement aux exceptions, je me trouve clairement.
Du coup, je suis une personne, “insères, adjectif féminin”. Tu vois, le mot personne est féminin, pas nécessairement moi.